Règlements des comptes au Méliès de Montreuil

Un nouvel épisode dans la guerre entre la maire, Mme Voynet, et l’équipe du cinéma municipal.

Les habitués du Méliès, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), sont appelés une nouvelle fois à se mobiliser. Un rassemblement est prévu samedi 16 février à 10 heures, devant le cinéma municipal d’art et essai, situé à la sortie du métro Croix-de-Chavaux. Puis, à 11 heures, l’équipe du Méliès tiendra une conférence de presse à La Maison de l’Arbre, 9, rue François-Debergue, dans le but de répondre, point par point, aux accusations contenues dans l’enquête de la direction générale des services de la ville, et dans le rapport de la direction
départementale des finances publiques.

Une synthèse de ces deux documents, d’une quinzaine de pages, a été transmise à la presse par les services de la maire de Montreuil, l’écologiste Dominique Voynet.
En cause, l’existence d’une double billetterie au Méliès, l’absence de comptabilité publique pour les séances ” non commerciales ” depuis 2004 (films expérimentaux, films sans distributeur…) et la soustraction des fonds correspondants au Trésor public. La ville estime le manque-à-gagner à 77 000 euros, un chiffre jugé totalement fantaisiste par les soutiens du Méliès : la ville ne disposant pas, par définition, des chiffres de fréquentation de ces séances non commerciales, s’est basée sur un nombre de 91,2 spectateurs payants, alors que ” la moyenne tournerait autour de 30 spectateurs “.

La synthèse fournie par la ville estime que les irrégularités comptables pourraient être qualifiées de ” détournements de fonds publics “, de ” faux ” et de ” gestion de fait “. Une “caisse noire “, alimentée par les recettes de ces séances non commerciales, aurait servi à l’achat de billets commerciaux, mais aussi, selon des témoignages d’agents, à faire des avances sur salaire, à régler des frais au Festival de Cannes. Voire à acheter de la drogue !
Cependant, la ville se montre désormais prudente et précise que ” certains de ces usages ne peuvent être vérifiés par l’enquête administrative “, mais par une enquête judiciaire – le
procureur ayant été saisi.
Enfin, deux autres préjudices financiers auraient été subis par la ville : le premier, d’un montant de 8 000 euros, serait lié à des défauts d’encaissement de séances scolaires ; le second, estimé à 58 000 euros, serait dû aux 19 104 billets exonérés constatés sur la période 2008-2012. Ajouté aux 77 000 euros cités plus haut, le total du manque-à-gagner serait de 143 000 euros, conclut l’enquête.
Cet épisode est le dernier rebondissement d’un feuilleton qui oppose, depuis plus d’un an, Dominique Voynet à celui qui faisait office, depuis 2002, de directeur artistique du Méliès, le critique de cinéma Stéphane Goudet.

Déjà suspendu de ses fonctions, depuis décembre
2012, Stéphane Goudet vient de recevoir sa lettre de convocation à un entretien préalable de licenciement, pour manquement à l’obligation de réserve, au devoir de loyauté, et non-dénonciation de pratiques comptables irrégulières.
Trois autres agents, la programmatrice, la régisseuse et la régisseuse adjointe, vont également quitter le navire. C’est ce que Dominique Voynet appelle une ” sortie de crise “.
D’autres diront qu’elle fait table rase, pour en finir avec l’ère Goudet. Désormais, la patronne du Méliès est Nathalie Hocquard, récemment recrutée par Mme Voynet. A la mairie, on la nomme simplement ” la chef du service “.

Clarisse Fabre
© Le Monde

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