« Les services publics : indispensables pour vivre aujourd’hui et pour construire demain », tribune parue dans L’Humanité du 4 novembre 2014

Des services publics forts sont un puissant facteur de cohésion sociale et de développement économique. La situation de nos concitoyens s’est certes dégradée depuis de trop nombreuses années mais le contraste n’en reste pas moins important entre la situation de la France et celles des pays dans lesquels le marché a, davantage que dans le nôtre, accru son emprise sur la société. Ainsi en Grande-Bretagne, après les destructions massives d’emplois publics et la vague de privatisations menée par Thatcher et ses successeurs, on constate une explosion de la pauvreté, une baisse des salaires réels et un taux d’incarcération parmi les plus élevés dans les pays riches. De même en Allemagne, sous l’effet des politiques austéritaires, un habitant sur six vit sous le seuil de pauvreté.

En France, compte tenu du rôle de la puissance publique en matière d’infrastructures et de l’importance de la commande publique, les coupes opérées depuis plus de dix ans dans les budgets publics ont participé à la mise en panne de l’économie. Elles ont aussi largement contribué à la dégradation de la situation salariale et donc à l’affaiblissement de la consommation. Ce cercle vicieux de l’austérité doit être rompu, exigence qui sera au cœur de la journée d’action citoyenne du 15 novembre.

Non seulement la dépense publique n’est pas l’ennemie du développement mais elle en est une condition : en 2011, en France, les recettes publiques représentaient 50,8% du PIB et la croissance s’est établie à 1,7%. La même année en Suède, les recettes publiques étaient à 53% du PIB et la croissance était de 4,2%. Au Danemark, de 2000 à 2010, les recettes publiques n’ont jamais été inférieures à 55% du PIB et la moyenne de la croissance annuelle a été de 3,8%, contre 1,8% en France.

Le dynamisme démographique est un autre motif justifiant la reconquête des missions publiques et leur extension. Les besoins de services publics sont importants et le seront de plus en plus. Qui peut dire qu’il y a trop de personnels dans les hôpitaux, trop de crèches publiques, trop de logements sociaux ? La question est de savoir si oui ou non la puissance publique et la population maîtriseront les outils de réponse à ces besoins. La CGT répond évidemment par la positive à cette question et est donc déterminée à affronter les tenants du marché et du renoncement démocratique.

Au motif de la résolution de la crise, le capital et ses relais politiques mènent une offensive féroce contre les droits sociaux, les garanties collectives et les conquêtes démocratiques. Les services publics, la Fonction publique, constituent de puissants vecteurs de résistance à cette offensive. Des pans importants de notre société échappent à la logique marchande. Le Statut de la Fonction publique joue à cet égard un rôle fondamental en termes de garanties, pour les citoyens usagers et les personnels.

Des services publics forts, qui se développent, qui continuent de démontrer leur utilité sociale et économique, concourent à notre ambition de transformation sociale. Ils sont la preuve vivante que la loi du marché et des plus riches n’est pas une fatalité à laquelle l’humanité serait condamnée. Ainsi, au travers de la question du devenir des services publics, de la Fonction publique et des missions publiques, c’est aussi la perspective du nécessaire dépassement du système capitaliste que nous posons. Les crises successives, les ravages qu’elles produisent, sont constitutifs du capitalisme. Sa mise à bas est une étape indispensable pour sortir durablement d’une crise qui est en fait la norme.

Baptiste Talbot, Secrétaire général de la Fédération CGT des Services publics

Tribune parue dans L’Humanité du 4 novembre 2014

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